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Hommages à Julien Philippe et Daniel Rollet qui nous ont quittés cet été

Merci à tous pour vos hommages.

Congrès de Lyon

par Edith Lejoyeux

A lui, revient le mérite d’avoir introduit dès 1970, l’enseignement de la méthode Bioprogressive dans le cadre de la Faculté de Chirurgie Dentaire de l’Université Paris VII nouvellement créée, suivi en cela par bien d’autres universitaires.
En 1972, il lui consacre un ouvrage « Des Principes et une Technique » et participe à la fondation de la Société Bioprogressive Ricketts.
Il en est devenu Président en 1973.
Tout au long de son activité professionnelle et devenu Président d’Honneur, il a continué à participer aux Journées Nationales et aux Congrès Internationaux.

Grâces lui soient rendues. »

Comme une petite fleur
"Comme une petite fleur qui perce dans l’herbe, la pratique orthodontique est apparue au 18ème siècle pour quelques incisives mal rangées.
Comme le tournesol, elle a cherché la vérité d’un côté puis de l’autre sans cesser d’être orientée vers le progrès.
Elle a si bien grandi qu’elle apporte santé et beauté à toute la face, et qu’aujourd’hui, elle s’installe au carrefour de l’odontologie."

Julien Philippe - Versailles 2003

Par Pierre Canal

Julien Philippe nous a quitté, c’est un des « grands » de l’Orthodontie Française qui disparait. Il fut un précurseur comme il nous l’a montré au travers de son premier livre inspiré de l’Orthodontie Bioprogressive « des principes et une technique » qui mettait en évidence l’importance des thérapeutiques multi-attaches mais aussi de la croissance et de la ou des fonctions. Il a également été un précurseur en insistant sur l’importance de l’occlusion, de l’occlusion dynamique, sur l’importance de la prise en compte de l’esthétique, en anticipant, en accompagnant notamment grâce à son livre sur l’orthodontie de l’adulte le développement de celle-ci. Incluant dans ce livre : l’importance d’une approche multidisciplinaire et la possibilité d’utiliser une orthodontie invisible l’orthodontie linguale. Julien Philippe était aussi un fédérateur qui a créé le CEPOG et fortement inspiré la création de la FFO. Cet universitaire Professeur d’Orthodontie, Président de la SFODF était un homme « élégant » dans sa façon de s’exprimer, de se comporter, une personne de grande qualité qui a beaucoup apporté à l’orthodontie et qui pour moi a été un modèle. L’orthodontie française vient de perdre l’un de ses meilleurs éléments. ,,

Par Daniel Rollet

A la question, qu’auriez- vous aimer accomplir que vous n’avez pas pu réaliser, Julien m’a cité son Père. Il lui avait répondu qu’il fallait avoir une vie bien remplie. Indiscutablement. Julien a eu une vie bien remplie.

En 1972, après plusieurs cours de Carl Gugino, dans la salle à manger des Muller, il crée avec Guy Perrier d’Arc, la Société Ricketts qui deviendra l’actuelle Société Bioprogressive Ricketts. Il a dynamisé cette nouvelle approche l’a enseignée à Paris VII. Il a été un véritable guide pour notre concept et il a formé bon nombre de praticiens réputés actuellement, mais qui lui doivent beaucoup.

Il s’est battu pour des convictions : la contention, la céphalométrie, le lingual…. Ce qui lui a permis de ferrailler sur les idées, refusant les dogmes. Par exemple, il n’était pas contre la céphalométrie, il était contre le dogme de La Céphalométrie. Extraire pour un angle FMIA supérieur à 90° lui était insupportable. Il était pour l’individualisation, les moyennes, étant insuffisantes pour prendre les décisions des traitements. Il disait : » personne ne veut être dans la moyenne » On ne fait pas un compliment à une femme si on lui dit qu’elle est moyennement belle ou à un homme qu’il est moyennement intelligent.

Il s’est engagé vers la médicalisation de notre profession, pensant à juste titre que nous ne connaissons pas tout de la physiologie et de la croissance.

Dans les années 90, Julien alors Président de notre belle SFODF, nous a convoqué, André Horn, José Giordanetto pour les CEO, Pierre planché pour le TTD, Claude Lemasson pour le Great et moi-même pour la SBR , afin de nous faire part de l’idée de la création de la FFO où tout le monde serait gagnant. Et c’est ainsi que s’est développé la FFO avec ce qui, depuis sont devenues célèbres Journées d’Orthodontie. Elles fêtent leurs 20 ans.

Et tout ceci, Julien l’a réalisé sans heurts, avec une classe toute naturelle. Sans lui, cela aurait été plus difficile. Il était impossible de lui dire non.

Alors oui, Julien, vous avez eu une vie bien remplie et en nous abandonnant, nous perdons un scientifique de grand talent, un historien extraordinaire et un vrai mentor Bioprogressif, mais surtout nous perdons un ami exquis et plein de Classe.

Par Edith Lejoyeux

Ils nous ont quittés cet été. Un été bien difficile.
L’un avait 92 ans, c’était le 13 juillet dernier, l’autre tout juste 64 ans, c’était le 13 août.
Julien Philippe était mon Maitre.
C’est un mercredi de septembre 1967 que je l’ai rencontré, il y a près de 50 ans.
J’étais étudiante à l’Ecole Odontologique de Paris, en 5ème année lorsque je me suis présentée à la porte de la consultation qu’il dirigeait sous la haute autorité du Pr Henriette Müller.
On pratiquait dans ce service une orthodontie plutôt fonctionnaliste, tournée vers une analyse clinique approfondie.
Bien sûr, je ne savais rien de l’Orthodontie. Nous étions à un tournant historique de l’enseignement de la Chirurgie Dentaire et de l’orthodontie. Elle allait émerger en tant que spécialité universitaire avec la création du CES en 1969 et celle des premiers DU en 1970. La Revue d’ODF dont Julien Philippe était le rédacteur en chef venait de publier son n°1.
Sa rencontre avec Carl F. Gugino en1970, a été déterminante. Ce jeune praticien américain, l’a impressionné par sa passion de l’orthodontie. Lorsqu’il lui fait découvrir la méthode de son maître, le Dr Ricketts, intitulée « Bioprogressive Therapy », Julien Philippe sent qu’il tient là une ouverture vers une méthode moderne par ses outils céphalométriques et sa technique multibague avant-gardiste mais qui intègre l’environnement fonctionnel qui lui est familier.
Il adhère au concept, introduit son enseignement dans le cadre du Diplôme Universitaire d’Orthodontie, publie son 1er livre « Des principes et une technique » et participe à la fondation de la « Société Ricketts » en 1972.
Devenu son président en 1973, il entraîne son équipe dans l’aventure et nous adhérons à cette jeune société car dans l’intervalle, sous son impulsion, j’ai démarré ma carrière universitaire.
Ce préfixe « Bio » du concept de Ricketts, il y restera attaché toute sa vie. « Bio » c’est la vie, et tout ce qui est vivant sera privilégié par la pensée Bioprogressive. Or, le plus vivant, ce ne sont pas les formes, ce sont les fonctions qui expriment la vie et cessent avec elle. » écrit-il en 2015 dans notre revue.
Daniel Rollet était mon Ami
Il a été l’un des innombrables confrères qui ont suivi les cours de formation en méthode Bioprogressive organisés par le Cepog qu’avait fondé J Philippe en 1981. Je l’y ai sans doute croisé mais c’est dans le cadre de la SBR que nous avons commencé à travailler ensemble et que nous sommes devenus proches.

Travailleur trop infatigable, d’une générosité sans limite, il ne connaissait ni la pédale du frein ni la marche arrière. Il m’a ému par son dévouement au concept, sa foi inébranlable dans ses principes qu’il avait choisi d’appliquer et qui avaient déterminé l’organisation de toute sa pratique : « Traiter au delà des dents, Assurer l’optimum du point de vue fonctionnel et esthétique plutôt que chercher l’obtention de valeurs conformes à des normes ».
Ce concept de « l’éducation fonctionnelle » qu’il prêchait à travers la France et dans le monde, il l’a mis au point seul, cherchant à appliquer le principe développé par C Gugino selon lequel « Tout patient porteur de malocclusions présente un certain degré de dysfonctions. Pour porter à son maximum le succès du traitement, il doit y avoir un équilibre entre forme et fonction »
Pour assurer la qualité des résultats et surtout leur stabilité, cette phase de neutralisation de l’enveloppe fonctionnelle est devenue l’étape initiale obligatoire de tous ses traitements. Toute la communication du cabinet était centrée sur cet objectif. Utilisant au début des appareils développés en Australie, il fit fabriquer en France, toute une gamme de gouttières aux fonctionnalités diversifiées pour une individualisation toujours plus poussée.
C’était le fidèle des fidèles.
C’est lors ma présidence de la Société que j’ai pu mesurer toute la force du soutien qu’il déployait pour la SBR et bien sûr pour la FFO. Lorsqu’il acceptât de collaborer à l’ouvrage que nous avons publié en 2011 avec F. Flageul et que nous avons sélectionné ensemble les cas cliniques qui pourraient illustrer son chapitre, j’ai pris la mesure de la passion pédagogique et de l’amour de son travail clinique qui l’animaient.
Grâces leur soient rendues. »

Par les assistantes de Daniel

Des années passées à vos côtés nous ont permis d’apprécier votre générosité, un dévouement à la hauteur de votre fort caractère.

Nous avons avancé ensemble en nous perfectionnant sans cesse grâce aux valeurs et à l’amour d’un travail rigoureux que vous avez su nous transmettre.

Les mots nous manquent pour exprimer votre absence. Nous ne vous oublierons jamais.


Par Patrick Gézénec

L’été 2017 est bien noir pour la SBR.
Après la disparition de Julien Philippe en Juillet, c’est Daniel qui nous quitte. Trois de nos cinq présidents d’honneur ont disparu, Michel Delamaire étant le premier.
J’ai connu Daniel grâce à l’informatique dans nos cabinets en 1986. Nous avions travaillé ensemble à l’élaboration d’un programme d’aide à la décision chirurgicale que nous avions présenté avec Jean Claude Graindorge en janvier 1988 à l’ile Maurice lors des journées bioprogressive organisées par Alain Béry.

Ensuite, Daniel est venu suivre le study group de Carl Gugino et Michel Delamaire à Rennes pendant 2ans et demi et l’amitié s’est renforcée.
Daniel est devenu un ami très cher et nous avons partagé de nombreux voyages, congrès, sports d’hiver : en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Italie, au Maroc, aux USA et au Japon où, en Novembre prochain, nous repartions ensemble...
Il laisse un grand vide à la SBR qu’il a présidé avec sa fougue pendant de nombreuses années. Il me laisse un très grand vide, avec la perte d’un Ami.
C’était un homme sincère, entier, généreux dans son amitié et dans son métier, toujours prêt à partager son expérience et ses bons vins. L’avoir comme ami était fantastique car il mettait la barre très haut et vous étiez aspiré à vous dépasser en le côtoyant.
J’ai beaucoup appris avec lui et tous les moments que nous avons passés ensemble étaient riches à tous points de vue. Je crois que de nombreux orthodontistes lui doivent d’avoir découvert les capacités de l’élastopositionnement avec le groupe Agora et de l’éducation fonctionnelle et peuvent lui dire merci.
Les Cecsmistes et les internes de dernière année le découvraient lors de nos semaines inter-université avec l’équipe formatrice de la SBR où sa convivialité l’emportait toujours.
Un de ses derniers regrets est de n’avoir pu participé à l’au revoir à Julien en Juillet, étant une fois encore parti courir l’Asie pour des conférences.

Je serre très fort dans mes bras sa compagne Corinne, ses enfants Sophie, Caroline, Maxime et Alexis dont je partage l’immense chagrin.


Par Danielle Deroze et Jean Lacout

Juillet 2017 Julien Philippe
Aout 2017 Daniel Rollet

La SBR et surtout l’orthodontie on perdu deux de leurs lumières, celles qui donnent l’envie d’avancer et de se rapprocher de l’excellence.
Daniel Rollet était présent partout, répondant à tout avec une générosité extrème.
Il laisse un tissage de connaissances qu’il était expert à façonner, il faudra être en mesure de reprendre ce fil qu’il déroulait avec talent.
Salut Daniel, nous te saluons avec amitiés et amour.





Par Hanh Vuong
Comment parler de Daniel sans évoquer un homme d’une grandeur exceptionnelle d’une générosité et d’une disponibilité sans faille
Il nous a appris à respirer et a fait respirer tellement d’enfants qui aujourd’hui lui doivent tant dans leur équilibre facial faisant corps avec leur avenir et leur futur épanouissement
Sans toi la SBR ne serait pas ce qu’elle est devenue, une société à part entière basée sur l’équilibre facial comme dans le respect des enfants et des autres
À chaque fois tu t’es battu contre le business que certains mettent en avant dans l’exercice de leur profession mais tout en faisant tourner" ta boutique "comme tu disais sans que ça te coûte "un saladier "
"Ta grande gueule nous a fait du bien "
Disponible tu as su transmettre à toute une génération les bienfaits de l’équilibre et du juste milieu tout en défendant avec force et conviction tes valeurs parfois à tes dépends mais toujours dans l’amour des autres
Quand j’ai voulu baisser les bras face au labyrinthe administratif de l’agence nationale du DPC tu m’as re motivé et tu seras sans doute heureux de savoir que pour la seconde fois la SBR que tu as tant porté pendant toutes ces années à été de nouveau accréditée
Merci pour ton amitié et ta confiance quand tu m’as confié le secrétariat de la SBR Merci pour ta transmission Merci pour ces belles parties de golf
Merci, la vraie Mort c’est l’oubli, nous ne t’oublierons jamais.


Remerciements des enfants de Daniel

Nous avons été très touchés par les nombreux témoignages de sympathie et d’affection qui nous ont été adressés, à la suite du décès de notre père, Daniel Rollet.

Au travers de ces quelques lignes, nous remercions infiniment toutes celles et ceux qui ont partagé notre douleur.

Nous avons conscience du travail de notre père et de sa contribution à faire progresser l’orthodontie, plus particulièrement l’éducation fonctionnelle, un concept dont il était le père fondateur et qu’il a diffusé tant en France qu’à l’étranger ces 25 dernières années.

Pour que le travail qu’il a largement initié avec ses proches collaborateurs et amis - et dont il nous parlait souvent - se poursuive et perdure, nous envisageons de nous investir et de créer en sa mémoire un mouvement rassembleur autour de son concept d’éducation fonctionnelle, qui donnait tant de sens à sa vie professionnelle.

Notre objectif serait ainsi de maintenir intacte sa contribution intellectuelle tout en la faisant progresser dans la voie qu’il a tracée, et à distance de toute considération mercantile.

Notre père aurait, sans nul doute, souhaité que nous et toutes les bonnes volontés, tant en France qu’à l’international, se rassemblent et se rencontrent pour aller de l’avant.

Après le temps du deuil viendra celui de l’action et dans cette optique, nous pensons à un projet à son image et en sa mémoire, orienté vers l’avenir et le progrès.

Sincèrement,
Sophie, Caroline, Maxime, Alexis, enfants de Daniel Rollet

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