année 2009
Revue SBR juillet 2009
17/1
Sommaire
- Avant-propos / E. Lejoyeux P.3
- Mission ODF : le developpement de l’enfant / M. G. Choukroun p.5
- Levons les obstacles.Le concept initial / E. Lejoyeux p.9
- Méthodes actuelles d’évaluation de l’obstruction nasale chez l’enfant / C. Ruaux p.21
- L’enfant et la levée de l’obstacle ventilatoire. / J. Cohen-Lévy, B. Pételle p.33
- Indications de mise en place des Systèmes d’Ancrage Squelettique en pratique courante. / A. Marinetti p.41
- Notes de lecture / B. Terk p. 54
- Infos des Régions : Conférences 2009-2010 p. 56
Résumés
- Levons les obstacles. Le concept initial. C’est au tournant de la seconde moitié du vingtième siècle que le Dr R.M. Ricketts a mis au point un concept orthodontique novateur qui se proposait de traiter, au-delà des dents, les dysfonctions articulaires et musculaires, en tenant compte des problèmes ventilatoires, de la posture du corps et de la tête, de l’équilibre nutritionnel et psychologique du patient. Si l’on plonge dans la bibliographie de l’auteur, on peut extraire un certain nombre de citations qui marquent l’évolution de sa pensée et la précocité de son approche holistique.
- Méthodes actuelles d’évaluation de l’obstruction nasale chez l’enfantDans le cadre d’une prise en charge orthodontique, idéalement lors du bilan initial, se posent plusieurs questions ayant trait aux causes ou conséquences de la malformation dento squelettique. Certaines intéressent directement la sphère ORL tels le type de déglutition et les choix alimentaires, le mode articulatoire (au sens phonétique), la fréquence des épisodes infectieux oro- et rhino-pharyngés et les antécédents chirurgicaux à ce niveau. L’une d’entre elles, fondamentale, concerne le mode ventilatoire du patient notamment, de l’enfant.
- L’enfant et la levée de l’obstacle ventilatoire. Le concept de déverrouillage développé par Ricketts, dans sa composante à la fois mécanique, fonctionnelle et psychologique, trouve une illustration parfaite dans la prise en charge des enfants atteints du syndrome d’apnées obstructives du sommeil10. La reconnaissance des troubles ventilatoires obstructifs, et leur traitement comme préalable à la mécanique orthodontique, est largement évoquée dans la méthode bioprogressive, trouvant un écho dans les travaux d’auteurs comme Linder-Aronson (1970, 1974, 1975) ou Solow et Tallgren (1971, 1976).
- Indications de mise en place des Systèmes d’Ancrage Squelettique en pratique courante.Quelle que soit la technique orthodontique utilisée, la biomécanique est régie par la troisième loi de Newton : « Toute action entraîne une réaction égale et opposée ». L’ancrage squelettique est sans aucun doute la solution à ce problème et peut se présenter sous quatre formes différentes : – les mini-vis qui font maintenant quasiment partie des « ancrages traditionnels » tant leur pose est simple. Cependant, leur placement entre les racines exclut certains sites et limite inévitablement certains mouvements dentaires ; – les implants ostéo-intégrés qui, en raison de leur coût et de la nécessité de maîtriser non seulement l’accastillage mais aussi les techniques d’empreintes implantaires, n’ont qu’une diffusion limitée ; – les suspensions chirurgicales insérées dans un trou qui traverse soit la crête infra-zygomatique, soit la branche verticale de la mandibule. Simple d’apparence, la mise en place de ces ligatures est souvent plus complexe que la pose d’un Système d’Ancrage Squelettique ; – et les Systèmes d’Ancrage Squelettique, ou « plaques » ou « mini-plaques » qui sont véritablement dédiés à l’ancrage orthodontique, comme le sont les mini-vis mais nécessitant une chirurgie incomparable.
Revue SBR décembre 2009
N° 17/2
Sommaire
- Éditorial / D. Rollet p.3
- Remerciements au professeur Julien PHILIPPE / G. Delhaye-Thépaut p.5
- La supraclusion incisive : sa pathogénie et la stabilité de son traitement. / J. Philippe / É. Lejoyeux p. 9
- Efficacité des traitements en denture mixte : analyse statistique / L. Dal Bosco p.17
- Éducation fonctionnelle dans un service clinique hospitalo universitaire / E. Beressi p. 23
- Syndromes malformatifs à expression faible : un piège pour l’orthodontiste / C. Paulus p. 33
- Recul canin par sectionnel potence. / M. Poitel p. 41
- Le risque psychologique du patient / M. G. Choukroun p.47
- Infos des Régions p.51
Résumés
- La supraclusion incisive est l’une des malocclusions les plus fréquentes et les plus récidivantes. C’est aussi l’une des plus graves puisqu’elle conduit souvent à des lésions du parodonte même chez l’enfant La prévention et l’interception de cette malocclusion, ainsi que la stabilité du résultat obtenu par le traitement, reposent sur une bonne compréhension de sa pathogénie. La supraclusion incisive est due à un excès d’égression des incisives dans l’espace vertical disponible entre les extrémités antérieures des bases maxillaire et mandibulaire. L’importance de cet espace vertical dépend du type squelettique. Dans les types hypodivergents, un petit excès d’égression suffira à établir une supraclusion. Chez les hyperdivergents, celle- ci n’apparaîtra qu’après une égression important.
- Traitements en denture mixte selon la méthode Zerobase© « Plus tôt vous traitez ou déverrouillez, plus la face s’adapte à ce que vous envisagez de faire ; plus tard vous traitez ou déverrouillez, plus ce que vous envisagez de faire doit s’adapter à la face. » Tel est l’un des préceptes fondamentaux de la méthode orthodontique Zerobase de Carl Gugino. Ayant pratiqué l’orthodontie selon la méthode Zerobase depuis plus de vingt ans en cabinet, nous avons ressenti le besoin de réunir des preuves quant à son importance dans la profession. Selon la méthode Zerobase, les traitements précoces sont divisés en deux phases, séparées par une phase de contention provisoire.
- Éducation fonctionnelle dans un service clinique hospitalo-universitaire. Aujourd’hui en orthodontie, l’accent est surtout porté sur l’efficacité mécanique des traitements multiattaches qui s’est trouvée renforcée par le développement de nouveaux matériels. Pour la majorité des praticiens la rééducation reste accessoire pour la correction des dysmorphoses. Dès 1958, Ricketts1 nous met en garde : ne pas se réduire à étudier les maxillaires et la fonction masticatoire, mais intégrer la déglutition et la respiration dans la physiologie mandibulaire. En 1982, il décrit le syndrome d’obstruction respiratoire, et affirme l’existence d’un lien entre l’équilibre fonctionnel, la stabilité des résultats orthodontiques, la suppression des obstacles respiratoires, l’acquisition de la ventilation nasale normale et des modes corrects de la déglutition. C’est ainsi que la philosophie Zéro Base développée par Carl Gugino3 prévoit d’évaluer les fonctions générales pour permettre le double déverrouillage de la denture : mécanique et fonctionnel.
- Syndromes malformatifs à expression faible : un piège pour l’orthodontiste. Voir apparaître au décours d’un traitement en période de croissance une asymétrie ou unerécidive ou même devoir noter une action orthopédique insuffisante est une déconvenuequ’il vaut mieux prévoir afin de pouvoir informer le patient et ses parents. Les syndromes malformatifs de l’extrémité céphalique ne sont pas toujours très visibles dès le plus jeune âge. Il est nécessaire de connaître leur tableau clinique complet pour que l’oeil puisse être attiré par un élément clinique faisant suspecter une telle anomalie. Cela permet de rester vigilant et de dépister les cas à expression faible. Durant la croissance, les signes sont parfois minimes. L’anomalie s’exprime lors de la poussée de croissance finale et dégrade le résultat orthodontique obtenu.
- Recul canin par sectionnel potence. Le but de cet article n’est pas de révolutionner le recul canin. La « canine », cette adolescente rebelle… N’a-t-elle pas interpellé nombre d’orthodontistes passionnés ? Toutefois, le petit système que nous appellerons « sectionnel potence » semble mériter un arrêt sur images. En quelques mots, quels sont les facteurs qui lui donnent une valeur ajoutée ? – Une absence de friction. – Un point d’application de la force au plus proche du centre de résistance. – Une simplicité dans la mise en place. – Une simplicité dans l’activation. – Un emploi possible quel que soit le choix du bracket. – Et… étonnamment, une faible sollicitation de l’ancrage postérieur (ce qui ne signifie pas qu’il faille l’ignorer). En revanche, nous n’avons pas observé de temps de recul raccourci. La durée de « recul en gression » observée étant sensiblement la même que dans les autres techniques, ce ne sera pas le critère de choix du système. Les observations qui suivent portent sur une centaine de cas traités avec ce système.
- Le risque psychologique du patient. Le mot risque prend ses racines dans le latin, du terme « resecum », ce qui coupe. C’est au Moyen Âge que s’élabore le paradigme sur le terme écueil car les marchands craignent les rochers qui éventrent les navires : c’est ce qui prend le nom de risque. Une autre assertion provient du terme « rixicare » qui a donné le mot rixe ou querelle. Il désigne alors un inconvénient plus ou moins prévisible. Si nous acceptons comme métaphore que le praticien est comparable à un capitaine de navire au long cours d’un traitement orthodontique, alors nous désignerons le risque comme l’écueil qui fait obstacle à la bonne marche du traitement et provoque la défaillance du praticien. Le risque n’est pas unique, il nous faut considérer le risque technique (scientifique et juridique), le risque éducatif (apprentissage à la culpabilité), le risque psychopathologique (comment gérer un patient psychiatrique), enfin le risque humain (le contexte de vie peut se reporter sur l’activité professionnelle). Nous examinerons comment prévenir ces risques, notamment par la parole qui devient un acte : dire non, comme l’indique le psychanalyste Jean David Nasio.

